Un nouveau vent souffle sur les Terres Américaines

Joe Biden, le 10 novembre 2020. © JOE RAEDLE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
Joe Biden, le 10 novembre 2020. © JOE RAEDLE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

La prise de la présidence des Etats-Unis d’Amérique a été actée dans un bain de sang. Les partisans de Donald Trump ont refusé de se soumettre au vote démocratique. Pendant ce temps-là, il existe une grande espérance au sein d’une Nation entièrement divisée. L’ère de Donald Trump ne serait finalement qu’une impasse dans l’Histoire de ce grand pays.

Joe Biden a de lourdes responsabilités au-delà de gérer la crise économique, sociale et sanitaire. L’une de ses grandes batailles qu’il avait commencée sous la présidence de Barack Obama réside dans la mise en place d’un libéralisme philosophique de grande ampleur. Les peuples qui ont fondé les Etats-Unis d’Amérique sont au bord d’une rupture importante.

Dans le même temps, les différentes réformes fiscales des prédécesseurs et en particulier sous les présidences “républicaines” ont mis la situation budgétaire américaine au bord de la banqueroute.

La démonstration réalisée incluait dans l’orthodoxie libérale, une baisse de la recette et de la dépense publique afin de créer un choc de l’offre. Pourtant, la bulle spéculative avait nécessité une intervention de Georges W. Bush en 2007 concernant le gel du taux d’intérêt sur une durée de cinq ans. Toutefois, la bulle n’était pas en mesure d’être résorbée par le remboursement des débiteurs.

Dans un contexte de début de crise économique, Barack Obama prend les reines d’un pays au bord du gouffre lié à l’asphyxie du budget de l’Etat, et une dette hors de contrôle. Les mesures prises sous l’ère de Georges W. Bush avaient considérablement nuit à la santé économique américaine. L’augmentation de la richesse créée était présente, mais la dette publique subissait une envolée majeure. La bulle spéculative finit par éclater malgré les efforts des “Républicains” en raison de l’inflation progressive des taux variables des prêts hypothécaires.

La crise des subprimes fut lourde de conséquences puisque la présidence de Barack Obama a refusé de sauver la banque à l’origine de la crise économique afin de donner un message clair pour les autres banques. Le slogan “to big to fail” n’était plus de rigueur. Les banques d’investissement devaient se responsabiliser et ne pas laisser les Etats comme roue de secours pour leur venir en aide en cas de faillite ou d’insolvabilité.

Dès lors, la tache de Barack Obama fut particulièrement complexe puisqu’il s’agissait de sauver une économie qui courait à sa ruine en raison de la mise en place progressive de la financiarisation à tous les étages.

La situation du capitalisme américain était particulièrement catastrophique, Dans un monde où les bourses sont connectées les unes entre elles, la crise annoncée eut des répercussions sur l’ensemble des économies du monde, dont les pays de l’OCDE et de l’Union Européene.

Les mesures prises par Barack Obama s’inscrivaient dans une “prise de risque” considérable avec un “laisser aller” du déficit. Il s’agissait d’un plan innovant et majeur pour l’économie américaine. Elle généra des conséquences importantes sur le plan structurel de l’économie et finalement entrainant une rentrée d’argent sur le long terme permettant d’atteindre un équilibre budgétaire ou dans le meilleur des cas des excédents afin de rembourser la dette publique. En somme, la politique d’Obama fut un engagement de la nation agissant sur l’avenir afin d’augmenter la richesse, la productivité et la compétitivité des entreprises tout comme le salaire médian. Cela a rassuré les différents marchés financiers qui avaient accusé un coup de massue lors de la faillite de la banque d’investissement Lehman Brother.

Entre 2011 et 2012, l’heure n’était plus à laisser le marché s’autoréguler, mais à une intervention de l’Etat sur les marchés afin de sauver le capitalisme par tous les moyens possibles. En effet, la valeur des entreprises côtée en bourse a largement été dévaluée suite à cet ajustement structurel. Les actions des entreprises étaient alors surévaluées nécessitant des licenciements boursiers de grande ampleur afin de faire remonter le cours de la bourse. Autant dire que le l’américan way of life se retrouvait face à ses propres contradictions et aux différentes prévisions que les maccarthystes supportaient le moins, les crises économiques étaient inhérentes au fonctionnement du capitalisme. Le cas contraire n’était qu’une utopie, dont l’aboutissement se situerait entre le libertarianisme et le minarchisme.

Durant cette période, de nombreux Américains ne pouvaient plus rembourser leurs prêts immobiliers en raison du taux d’intérêt variable.

Des millions d’Américains furent expulsés de leur habitation. Les banques démontrèrent leur capacité à être intransigeable sur un domaine : tout emprunt doit être remboursé quelle que soit la somme. engagée

La crise sociale qui en découla conduisit à une récession de l’économie américaine. Les conséquences furent dramatiques pour les différents pays occidentaux.

Afin de ne pas répéter “une faillite bancaire en cascade” comme ce fut le cas durant la crise de 1929. L’intervention du welfare state devenait primordial pour éviter le chaos absolu dans un pays où les agences de notation venaient de sanctionner la solvabilité de l’empire de l’argent-roi.

Pendant que la présidence sous l’ère Obama tentait de gérer la crise économique et de limiter la récession induite par la faillite et des entreprises en mauvaise santé, le

L’une des priorités qui préfigurait dans le programme démocrate résidait dans la création d’un système de santé accessible à tous. De telle sorte que “l’Obamacare” vit le jour permettant à des millions d’Américains venant des classes populaires de se soigner grâce en cotisant à une assurance de santé privée. Le modèle n’est pas allé jusqu’au bout puisqu’il aurait été nécessaire de créer un système universel. Pour les “Républicain" et les “néoconservateurs”, cela se traduisit par un “ras-le-bol fiscal” avec l’apparition des “Tea Party”. Ce mouvement émanait de la frange conservatrice d’une partie de l’opinion américaine. Ils ont dès lors tenté de détricoter comme ils ont pu la réforme initiale avec l’aide des “Républicains” notamment lors du vote du budget de 2014.

Les épisodes du shut-down du 1er octobre au 16 octobre 2013 provoquèrent l’arrêt des activités gouvernementales au niveau fédéral. Les “Républicains” disposaient à cette époque la majorité au Congrès. De ce fait, ils refusèrent de signer le budget de 2014 au nom du déficit budgétaire. La politique des néoconservateurs s’inscrivait à ce moment-là dans l’orthodoxie budgétaire afin que le budget de l’Etat soit géré comme celui d’une bonne famille. L’une des problématiques résidait dans l’endettement toujours plus astronomique de la première puissance mondiale. Cela aboutit par un accord entre les “Démocrates” et les “Républicain” sur un relèvement du plafond de la dette.

Barack Obama avait réussi à relever son pays de la tête de l’eau avec une faible inflation, un chômage faible et un taux d’emprunt faible en raison d’une politique de la FED très accommodante notamment grâce à un assouplissement quantitatif de plusieurs milliers de milliards de dollars afin d’inonder le marché de liquidités et de soutenir les banques pour renforcer le système bancaire américain. L’ensemble des leviers macroéconomiques avait été actionné pour relancer un pays au bord du dépôt de bilan. La politique hétérodoxe a démontré également qu’elle permettait de redonner de l’espoir à une partie des déshérités de la mondialisation et du néolibéralisme.

Les politiques contracycliques de relance budgétaire s’inscrivant dans la droite ligne du néo-keynésianisme. Elles avaient démontré l’efficacité sans faille même dans un pays où le néolibéralisme est roi. Le slogan “Yes, We Can” dénotait une ambition majeure et un regard vers l’avenir. En s’insérant dans une logique de relance de l’économie dans une optique de sauver le capitalisme, Barack Obama a permis à son pays de ne pas sombrer dans la spirale telle que fut “la Grande Dépression” de 1929. Au contraire, il s’agissait d’éviter les mêmes erreurs. La “régulation” du capitalisme avait été actée comme un moyen de ne pas sombrer dans une crise totale. Ce fut l’une des premières revanches de Keynes durant le mandat de Barack Obama avec l’espoir que chacun pouvait y arriver avec un système accompagnant la réussite.

La réélection de Barack Obama démontra que son esprit d’ouverture et de lutte contre les inégalités par une pensée libérale sur la question des mœurs et hérétique vis-à-vis de la pensée néoclassiques avait été soutenue par une majorité de l’électorat américain. La vision d’une Amérique moderne et prospère demeurait dans le paysage politique. De telle sorte que John McCain a été battu par les urnes. À cette époque, les “Républicains” ne s’étaient pas autant radicalisés que ces derniers jours.

La fraternité fut l’un des symboles de ‘l’égalité des chances” à l’Américaine qui avait été impulsée sous l’ère de Barack Obama. Le “l’égalité juridique” permettait de donner plus de droit, mais aussi d’adapter le néolibéralisme avec son époque. Il y a eu un rêve gigantesque sous le slogan “Yes, Wa Can”. L’aspiration à l’American Dream de ces années-là relevait d’un nouveau round dans le ring de box opposant Keynes à Hayek. Une société ouverte sur le monde où l’Etat était le grand régulateur de tous les marchés vis-à-vis d’une dislocation de l’Etat pour le rendre minimal comme le souhaitait Robert Nozick dans Anarchie, Etat et utopie de 1974.

Enfin, la constitution américaine autorisait uniquement le président à réaliser seulement deux mandats au nom du vingt-deuxième amendement. Dès lors, la fin de la présidence de Barack Obama a inévitablement conduit à des primaires chez les “Démocrates”. Dans les élections internes, Hillary Clinton devint alors la première femme à se présenter à la présidence de la République des Etats-Unis d’Amérique. Dans le même temps, les “Républicains” organisaient leurs primaires afin d’envoyer une personne charismatique pouvant relever les grands défis et remettre en route la “Révolution Libérale” enclenchée sous Reagan et Bush.

Au départ, le personnage de Donald Trump était si grotesque que peu d’entre nous voyait en lui une personne apte à remporter une primaire. Mais, les “Républicains” voulaient une personne arrogante et capable de casser les codes et les tabous avec des slogans chocs comme “Make America Great Again” ou “America First”. Ce dernier s’inspirait des mouvements fascistes anglais des années 1930 sous le slogan “Britain First”.

Dans le même temps, le “clan” Trump en reniant ses origines a pratiqué une politique contraire par rapport aux différents rêves de ses ancêtres notamment dans la croyance que les Etats -Unis d’Amérique étaient une “Terre Promise” où tout le monde pouvait réussir notamment à travers le mythe du self made man. L’immigration a fondé la puissance et la richesse culturelle de la première puissance économique du globe. Sans les pionniers et les vagues d’immigration successives, l’Oncle Sam n’existerait pas et n’aurait aucun poids sur la politique internationale.

Tout semblait opérer dans l’esprit des “Républicains” que l’ère de Barack Obama avait affaiblit considérablement l’Amérique, mais aussi avait généré une vague migratoire sans précédent en provenance d’Amérique Centrale et du Sud. La théorie de Renaud Camus à propos du Grand Remplacement s’est exportée de l’autre côté de l’Atlantique. Ainsi, les “Républicains” de couleur blanche avaient de plus en plus peur de se retrouver en minorité au sein de leur propre pays. De ce fait, l’immigration n’était plus vue comme une chance, mais comme un fardeau qu’il fallait financer et que cela allait contre les intérêts de la nation. La question migratoire alla bien plus loin puisqu’elle visait des pays de confession musulmane. L’assimilation du musulman au terroriste comme à l’étranger envahissant les grandes plaines s’enracina dans un discours dangereux où l’électorat y était très réceptif.

La révolution conservatrice a également été plus loin puisqu’elle a opposé les citoyens les uns aux autres au nom d’un néo-darwinisme social. Ainsi, l’American Dream avait pris du plomb dans l’aile par ceux qui étaient également des ardents défenseurs de la NRA. Pourtant, si Donald Trump avait réussi à franchir la première étape dans les élections à la présidence des Etats-Unis d’Amérique. Cela fut un choc pour de nombreux citoyens et acteurs de la scène publique au niveau national comme international.

Personne ne pensait à ce qu’un milliardaire avec un passé douteux puisse devenir candidat à la présidence de la République de la première puissance du Monde. Sous les slogans ultraréactionnaires se cachait une vision qui remettait en cause l’ensemble du progressisme et de l’American Dream. La posture durant la période électorale de 2016 se résumait à une personne ignare et inculte.

Donald Trump se comporta comme une personne hors de contrôle et impulsive. La méfiance vis-à-vis de la presse devenait de plus en plus grande de la part des électeurs conservateurs. Nombreux d’entre eux y ont vu une collusion entre le pouvoir au sens large et les médias. De ce fait, les partisans de Donald Trump prenaient à la lettre les différents discours de celui qui devait remettre l’Amérique sur les bons rails. L’usage massif des réseaux sociaux comme Twitter pour contourner la presse traditionnelle devint une norme qui fut acceptée par tous les journalistes. Dès lors, l’affirmation à propos des journalistes, quand cela n’allait pas dans son sens, se résumait à être considéré comme une fake-news. Ce discours répété maintes fois fut considéré au bout d’un moment comme parole d’évangile.

Il incarnait une Amérique qui n’avait pas réussi à se frayer un chemin dans la mondialisation. Dès lors, il s’agissait de redonner de l’ordre dans une Amérique défaillante sur tous les points possibles et imaginables. La vague néoconservatrice conduisit inexorablement au choc entre le Monde Libre et le Monde Illibéral. Ses partisans se sont radicalisés à une vitesse effrénée et sont devenus des extrémistes prêts à tout pour prendre le pouvoir soit par la voie démocratique, soit par la force.

Une fracture politique était née entre le GOP et le Parti Démocrate. Les uns voulaient le pouvoir par tous les moyens alors que les autres souhaitaient simplement la démocratie et son application dans le cadre de la Constitution Fédérale Américaine, mais aussi de la Constitution des Etats membres. Le néoconservatisme reste un poison à libération prolongée.

Les “démocrates” acceptèrent le “jeu démocratique” auquel se livre la nation à n’importe quelle échelle sans sombrer dans l’obscurantisme, le complotisme et le conspirationniste. Le “camp républicain” lors des primaires avait basculé dans la marginalité et le radicalisme le plus féroce. En effet, l’un des programmes résidait dans la destruction pure et dure de l’Obamacare afin d’y installer un Trumpcare, la réduction des impôts sur le revenu des classes les plus aisées et une libéralisation accrue de l’économie au nom des “libertés économiques” dans un pays où certains Etats de la République Fédérale sont considérés comme des paradis fiscaux comme le Deleware.

La campagne de 2016 fut marquée par de nombreux scandales sur fond de fake-news comme le pizzagate. Toutefois, l’un des éléments qu’il faudra retenir comme composante majeure fut la remise en cause de la souveraineté des Etats-Unis d’Amérique à traverrs l’ingérence de la Russie de Vladimir Poutine. Le fait de faire élire un président davantage en accord sur les positions russes en matière économique, mais aussi en terme d’idéologie conduisit à un scandale d’une importance capitale tout au long du mandat de Donald Trump . L’internationale réactionnaire tournait à plein régime afin d’influencer le vote des électeurs vers des régimes illibéraux et autoritaires.

Le “rêve” que les démocrates avaient réussi à réinstaller sous l’ère du premier président noir de la République Américaine était en train de se transformer dans un véritable cauchemar pendant les quatre années qui ont suivi la défaite d’Hillary Clinton en 2016. En effet, le système des élections américaines datent de la formation des treize colonies. Au XXIe siècle, les Etats-Unis d’Amérique comptent cinquante Etats. Il s’agit d’une démocratie avec un suffrage très complexe.

Néanmoins, la nature du suffrage contrairement à d’autres pays occidentaux témoigne d’une certaine réticence notamment sur le plan de la confiance vis-à-vis des citoyens dans leur capacité à élire directement un président.

Néanmoins, la nature du suffrage tel qu’il est réalisé au sein de notre époque témoigne du fait que les politiciens américains qu’ils soient démocrates ou républicains d’une certaine méfiance de l’avis du peuple à trancher sur des décisions politiques de grande envergure alors que dans le même temps des référendums sont généralement organisés par les Etats membres lors de l’élection aux grands électeurs dans le cadre de l’élection à la présidence des Etats-Unis d’Amérique.

En se remettant à de “grands électeurs”, le système s’inscrit dans un suffrage certes démocratique, mais se trouvait à un carrefour rempli d’un certain anachronisme. Entre la première élection fédérale de la jeune république naissante en 1789 qui envoya Georges Washington à la plus haute responsabilité et les élections de 2016, une fracture devenait grandissante.

La démocratie se retrouva face à un paradoxe assez révoltant laissait entrevoir les limites et les failles du système démocratique américain. Hillary Clinton avait gagné le “vote populaire”, mais avait perdu le “vote des grands électeurs”. La victoire était difficile à admettre pour les “Démocrates”. Peut-être qu’il aurait fallu militer pour une nouvelle constitution ou amender l’actuelle constitution afin qu’elle soit en phase avec son siècle.

Ainsi, l’Amérique bascula en 2017 sous l’ère Trump alors que la majorité de la population désapprouvait Donald Trump et son programme politique. Toutefois, les institutions américaines nécessitaient une stabilité à toute épreuve afin de garantir le bon fonctionnement de la démocratie. De ce fait, la démocrate Hillary Clinton et citoyenne modèle comme il l’a été durant sa présidence de Barack Obama a réalisé une passation de pouvoir dans un calme relatif à Donald Trump sans aucun trouble à l’ordre public.

Lorsque les Républicains conquirent le pouvoir, la donne avait profondément changé. La santé économique des Etats-Unis d’Amérique avait été ravivée et se situait dans une phase d’expansion de son économie. Autant dire, que Donald Trump ne reçut aucune “patate chaude” en démarrant son mandat. Il récupérait le résultat de huit années de redressement acharné de l’économie. Ainsi, Donald Trump pouvait démarrer un programme largement orienté sur les mœurs et les valeurs conservatrices.

Ainsi, il appliqua des restriction concernant l’immigration en provenance de certains pays à majorité musulmane causant des difficultés de rapatriement, mais surtout s’inscrivant dans le Quota Emergency Act de 1921 visant à réduire l’immigration à travers un système de quota. Dans le même temps, il se pressa pour faire campagne pour la construction d’un mur entre les Etats-Unis d’Amérique et le Mexique rappelant étrangement le mur entre Berlin-Est et Berlin-Ouest.

Cette transition progressive vers un système démocratique hybride s’inspirait largement de Benjamin Nestor Forrest que d’Abraham Lincoln. Dans les faits, les partisans de Donald Trump xse pavanaient dans certaines manifestations avec des slogans issus d’une “libération” de la parole raciste. L’aboutissement fut l’attentat terroriste de Charlottesville. Donald Trump condamna l’acte, mais se questionna sur l’utilité de considérer le mouvement antifasciste comme un mouvement terroriste. Ces raisonnements n’allaient pas dans le sens de la défense de l’ensemble des citoyens, mais d’une minorité d’entre eux.

Enssuite, ses partisans y ont vu un homme providentiel pouvant résoudre l’ensemble des problèmes de la nation, mais surtout de pratiquer un “libéralisme à la carte”. En effet, les Trumpistes souhaitaient remettre en cause l’ensemble des différents traités économiques afin que ces derniers soient plus avantageux pour les Etats-Unis d’Amérique quitte à procéder à des sanctions économiques en pratiquant une forme de protectionnisme patriotique. L’un des objectif résidait dans la défense des emplois américains tout en restant dans le jeu de la mondialisation.

Dans cette course à la mondialisation, l’Amérique de Donald Trump pris énormément de retard alors que l’accord de libre-échange entre l’Union Européenne et le Canada comme le Japon vit le jour. La mise en pratique de “l’avantage comparatif” pour spécialiser et diversifier les nations fut jeter à la poubelle.

De plus, la négociation d’un accord commercial entre l’Union Européenne et les Etats-Unis d’Amérique dans le cadre où un pacte économique pouvait renforcer la situation économique de l’ensemble des pays fut clairement rejetée. Au lieu de rapprocher les peuples de l’Union Européenne avec ceux des Etats-Unis d’Amérique, cela finit par aboutir à des sanctions commerciales de la part de la première pusisance économique contre les pays membres de l’Union Européenne.

Le tsunami réactionnaire a provoqué un chamboulement dans les négociations internationales et le climat des affaires n’a jamais été aussi tendu notamment dans les relations avec la Chine où la “guerre commerciale” a atteint des sommets inédits. Ne parlons d’ailleurs point du racisme anti-asiatique qui s’est mis en place sous sa présidence.

Ensuite, les évangélistes étaient présents pour faire barrage et s’inscrire dans une large alliance internationale où la réaction et l’obscurantisme pouvaient gagner du terrain afin de remettre la Nation sous la “main de Dieu”.

Saul Loeb/AFP/Getty Images)
Saul Loeb/AFP/Getty Images)

Le trumpisme s’inscrivit dans une ère où les Etats-Unis d’Amérique ont perdu le monopole dans le cadre de sa sphère d’influence. En faisant la pluie et le beau temps sur les réseaux sociaux ou en mettant en avant la signature de texte législatif comme le transfert de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem, Donald Trump apparut comme “risible” et un “opportuniste”.

Dans le cadre du conflit israélo-palestnien, Jérusalem reste la capitale d’Israël sur le plan philosophique et matériel, elle est aussi la capitale de la Palestine. Je pense qu’il s’agissait davantage de brosser dans le sens du poil une partie de la diaspora juive dans le cadre du “Salad Bowl” que d’une réelle ambition concernant le processus de paix entre Israéliens et Palestiniens afin d’aboutir à une solution à deux Etats de façon rapide..

Ensuite, le renforcement des liens entre les néoconservateurs, dont Benyamin Nethanyaou avait le pouvoir en tant que premier ministre depuis mars 2009 se matérialisait par des faits promouvant le jeu d’alliance et l’Internationale “réactionnaire”. Pour le président américain, il s’agissait de mettre en place le Jerusalem Embassy Act de novembre 1995. Cela provoqua une confrontation dans la négociation de la paix entre Israéliens et Palestiniens menaçant d’une troisième intifada avec des conséquences dramatiques sur le plan des négociations comme des tractations pour arriver à une solution à deux Etats.

Ainsi, la présidence des Etats-Unis d’Amérique a été gérée par la folie et l’incompétence durant les quatre années du mandat sous l’ère Trump. On ne pourra pas dire que son programme n’aura pas été appliqué, mais ses idées ont fait de lui : une icone.

Les partisans et militants les plus aguerris au “trumpisme” se sont succédés et mobilisés dans les Etats du Sud pour sauvegarder les statuts des différents politiciens de la Confédération sous le slogan “White Live Matter” en réaction au nouveau mouvement pour les droits civiques d’une partie de la gauche américaine qui se battait depuis 2013 sous le collectif “Black Live Matter”. La question des violences policières qui étaient filmées grâce au “copwatching” prit une tournure importante notamment dans le cadre du décès du Trayvon Martin, dont les policiers furent acquittés. D’autres affaires furent similaires. Le meurtre de Georges Floyd le 25 mai 2020 rappelait surtout aux citoyens américains de couleur noir, la réalité du racisme très profond au sein de la société américaine. L”American Dream sous l’ère Trump s’était métamorphosée dans une opposition constante au sein de la population par l’American Nightmare.

Donald Trump s’est également engagé dans la diminution de l’aide fédéral aux plannings familiaux tout comme aux cliniques pratiquant l’IVG pour en finir progressivement avec l’avortement, même si elle a un caractère constitutionnel depuis les années 70. Dans certains Etats, la pratique agressive du mouvement “pro-life” fait qu’il ne reste plus qu’une seule clinique dans certains Etats et les femmes qui souhaitaient être maître de leur corps subissaient une humiliation d’une ampleur inédite.

Enfin, le déficit continua de s’accroître en raison d’une fiscalité très attractive pour les sociétés et une baisse d’impôt pour les revenus les plus élevés, mais aussi le non-financement du mur entre les Etats-Unis d’Amérique et le Mexique. Cela aboutit à un nouveau shut-down entre le 22 décembre 2018 et le 25 janvier 2019. Il s’agissait du plus long blocage du budget mettant le pays au bord de la banqueroute.

En fin 2020, la campagne électorale se déroula entre deux slogans très différents les uns des autres. Les “Démocrates” lançaient “America is Back” alors que les “Républicains” campaient sur le slogan “America First”. Dans un duel d’une Amérique irréconciliable et profondément divisée par quatre années de politique agressive et niant les droits civiques au nom des “libertés économiques” et largement influencée par les évangélistes, le débat ne pouvait qu’être houleux et générer des tensions très importantes.

Les nostalgiques de la Confédération se sont unis sous différentes bannières pour relancer des groupes paramilitaires en cas de victoire de Joe Biden qui voyait comme l’arrivé de Lénine au pouvoir. Karl Marx écrivait dans le manifeste du parti communisste qu’un “spectre hante l’Europe”. Dans le cadre de la révolution conservatrice américaine, il s’agissait du “spectre qui hante l’Amérique”. Sous l’ère éphémère de Donald Trump, les mouvements sociaux se sont rassemblés les uns avec les autres autour de certains élus comme Bernie Sanders. Même si le sénateur a échoué aux primaires, son influence fut majeur puisqu’elle permit de générer un mouvement social-libéral soutenant Joe Biden.

L’aile gauche du Parti Démocrate a milité afin de faire pencher le programme de transition écologiste dans son caractère le plus audacieux possible. En s’inspirant de New Deal, Bernie Sanders ouvrit un boulevard au Green New Deal de Joe Biden, mais dans un cadre plus réformistes et plus libéral. L’élu qui se considérait comme “socialiste” a permis d’unir une partie de l’Amérique autour de valeurs fédératrices loin de la concurrence libre et non faussée des néolibéraux. L’expérience montre qu’en période de crise : la régulation du capitalisme permet de sortir de la crise rapidement alors que l’orthodoxie budgétaire conduit inévitablement à une récession importante.

L’ancien vice-président de Barack Obama disposait d’une expérience du pouvoir importante et d’une attitude à la hauteur de ce qu’un peuple pouvait attendre de son président, c’est-à-dire une personne mature, réfléchie et rassembleuse. En effet, la posture présidentielle nécessitait des atouts et des qualités que n’avait pas Donald Trump. Lors de l’unique débat entre le président sortant et le candidat à l’investiture démocrate. Pour Joe Biden, ce fut un débat de routine. Cela se refléta dans les sondages par un soutien absolu et durable dans le temps.

La fracture qui s’était créée durant les quatre années a fait basculer l’opinion du côté de la Science et du Progrès. En effet, l’ère Trump avait tourné à la caricature concernant l’obscurantisme notamment à travers la diffusion des thèses créationnistes et le relai puissant des évangélistes dans les différentes communautés à se rattacher à la théorie de la prédestination. Les prières à la maison blanche étaient collectives dans le bureau ovale. L’un des slogans américains reste “God Bless America” pour témoigner son attachement aux valeurs chrétiennes.

La démocratie américaine avait donné une large majorité au niveau du Congrès, les “démocrates” étaient revenus en force après le bouleversement absolu d’une Amérique qui ne croyait plus en elle-même et aspirait à des thèses occultes comme celles de QAnon ou encore le mythe de Deep State empêchant les gouvernements de réaliser leur programme.

OLIVIER DOULIERY / AFP VIA GETTY IMAGES
OLIVIER DOULIERY / AFP VIA GETTY IMAGES

Les “Républicains” voyaient dans Donald Trump, une personne tombée du ciel pouvant réaliser l’ensemble des différentes réformes afin de retrouver une Amérique sous un certain âge d’or. Ainsi, les incidents entre le moment du décomptage des voix des citoyens jusqu’à l’élection finale de la part des grands électeurs auront démontré qu’une partie de l’Amérique ne supportait plus le modèle de la démocratie libérale.

Ces terroristes de l’intérieur étaient prêts à faire couler le sang pour garder le pouvoir. L’invasion du Capitole était un signe distinctif du refus de la défaite, mais aussi d’une tentative de “coup d’état”. La communauté internationale a largement condamné ces actes intolérables pour une si grande démocratie.

La garde républicaine avaient été appelée pour mettre fin à ce dérapage d’une ampleur jusque-là inégalée afin que les membres du congrès puissent procéder au vote du président des Etats-Unis d’Amérique. Dans les affrontements avec les trumpistes lourdement armés et les représentant de l’ordre, le bilan fit cinq morts et une cinquantaine d’arrestation. Ce grand moment démocratique, qui donne lieu au “vote suprême”, a été remis en cause par la base électorale la plus conservatrice.

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Toutefois, Joe Biden ne dispose pas de la majorité au Sénat, mais cela ne va guère lui causer du tort puisqu’il dispose de la majorité absolue à la chambre des représentants. La perspective d’une Amérique ayant retrouvé ses vraies valeurs conduira l’ancien vice-président à poursuivre l’autoroute que Barack Obama avait prise afin de relever un pays se situant toujours au bord du chaos financièrement. À ce rythme dans les prochaines années, c’est la banqueroute et le défaut de paiement qui attend la première puissance du Monde.

On peut dire qu’un nouveau vent souffle sur les terres américaines. Le “jeu démocratique” a tranché et les citoyens des Etats-Unis d’Amérique devront tous se soumettre à l’entière légitimité de Joe Biden en tant que nouveau président des Etats-Unis d’Amérique. Les “Républicains” devront accepter une défaite franche et construire un nouvel l’âge d’or de la puissance américaine, mais aussi restructurer leur parti sur des bases démocratiques et républicaines.

Blogueur & Journaliste indépendant

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