Le vaccin contre le COVID réanime le débat entre la Science et l’Obscurantisme

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Nous vivons dans une époque charnière où la science devient un élément fondamental dans la bataille contre le Coronavirus. Les scientifiques du privé comme du public ont mis les bouchés doubles pour réaliser des recherches à une vitesse digne du Concorde. La communauté internationale a fait confiance dans ces derniers, même si dans certains pays la question de la recherche pose des soucis notamment dans le cadre des politique d’austérité et des différents plans de rigueur.

Les soignants se battaient corps et âme pour sauver des vies post-infection et parfois nécessitant des transferts dans des unités de soins intensifs voir de réanimation lorsque le pronostic vital était engagé, les chercheurs sur les vaccins se battaient d’une autre manière pour sauver des vies, mais à travers l’outil de la vaccination.

Les professionnels de la santé s’épuisaient sur le front à cause du nombre d’heures passé à réaliser des soins techniques. Ils ont certes choisi leur métier par vocation, mais lorsque l’aspect physique et psychique ne suit plus, une autre crise plus vicieuse risquait de s’installer dans les différentes crises : l’inflation des burn-outs et des brown-out. Les différentes fatigues accumulées durant les deux dernières vagues ont débouché sur un mécontentement de fond. Le gouvernement possède plusieurs outils à sa disposition pour endiguer la troisième vague qui se profile à l’horizon. La politique de l’offrande a laissé sur le carreau, les héros de la Nation et de l’Humanité toute entière.

De ce fait, chaque vie sauvée était le résultat d’une lutte sans merci contre la grande faucheuse du XXIe siècle. La guerre se déroulait comme dans une guérilla sanitaire ou d’un jeu d’échec. Chaque pion avancé entraînait des conséquences et demandait d’adapter la stratégie individualisée. En effet, les protocoles de soins n’étaient pas les mêmes pour chaque patient. Dans ce contexte, les heures passées à réaliser le dépassement de soi ne pouvaient tenir sur le long-terme. Une autre stratégie devenait obligatoirement nécessaire afin de désengorger les hôpitaux. Les patients atteints du Coronavirus ont pris la place à des patients ayant des pathologies divers et variés nécessitant des soins.

Les soignants pouvaient recevoir des médailles au nom de la méritocratie, mais cela ne changea pas le fond. La “guerre éclair” s’était transformée dans une véritable guerre de tranchée. La stratégie s’adaptait en fonction des connaissances des scientifiques, de l’évolution de la pandémie sur le territoire notamment au travers du taux de contamination, etc. Le pouvoir exécutif nageait dans le flou absolu. Ils ont reçu des critiques importantes des partis de l’opposition dans la gestion de la crise. Pourtant, face à une situation inédite pour l’Occident contrairement aux pays asiatiques, il a fallu un temps d’adaptation afin que les mesures soient réellement appliquées par la majorité de la population.

Pourtant, il faut être certain que si les vagues se succèdent les unes après les autres, les Hôpitaux craquent de toute part. La France n’est pas prête d’accepter la Big Society des Torries. Le contexte reste électrique. Les soignants demandèrent une augmentation de salaire afin de s’aligner sur le salaire médian au niveau de l’OCDE et une embauche massive de personnel dans le paramédical et le médical. Mais rien n’y fait, les soignants n’auront reçu qu’une médaille en chocolat et une prime exceptionnelle.

La question de la prévention devenait un enjeu majeur au sein de notre société. Il en allait également pour le budget du contribuable, et même celui des différents Etats. Le consensus scientifique a toujours prévalu à la prévention que la guérison douloureuse, complexe et incertaine.

Nous vivons dans une époque où le danger n’est plus visible que cela soit sur les réseaux sociaux, dans les manifestations, dans les débats. Le SARS-CoV-2 est insidieux. Un si petit virus a pu faire basculer l’ensemble des Etats dans une spirale infernale. La crise sanitaire qu’il a engendrée dépasse la vision apocalyptique imaginée par de nombreux romanciers ou producteurs dans le monde du cinéma. En effet, il y a une remise en cause très profonde de notre way of life. Les différents gouvernements qu’ils soient conservateurs, libéraux ou progressistes ont pris des mesures impopulaires afin de stopper la diffusion de ce dernier. La course à la montre fut douloureuse, mais les résultats concernant la reprise en main de la pandémie se concrétise progressivement.

Pourtant, l’un des éléments fondamentaux pour en finir avec la crise sanitaire demeure le vaccin. De nombreuses multinationales se sont lancées dans une course pour aboutir à une solution mettant fin à la pandémie. Or, le mouvement anti-vaccin à l’échelle de la France ou même mondiale y a vu une “main invisible” de Big Pharma afin d’acquérir de nouveaux marchés. L’investissement réalisé au nom de la “Recherche et du Développement” (R&D) valait bien quelques bénéfices sur le dos des différents peuples. La ruée vers le profit fonctionne au sein du capitalisme et notamment dans l’axiome fondamental du néolibéralisme.

La R&D concernant la vaccination ne génère pas autant de profits que l’espère le mouvement opposé à la vaccination et réticent au niveau des molécules issues de laboratoire.

C’est à ce moment précis que se crée une rupture fondamentale au sein des différents peuples. On peut résumer à ceux qui s’en remettent à la recherche scientifique et des différentes publiées avec des protocoles stricts qui aboutissent à des publications dans des revues par leurs pairs et les autres endoctrinés dans l’ignorance et l’obscurantisme. Il existe un débat de fond au sein des sociétés occidentales sur la position de la vaccination. De même, ce n’est pas vraiment un débat, mais plutôt deux visions du monde qui s’affrontent les unes aux autres. Les uns préconisent une solution de prévention, les autres une solution eugéniste au nom de la défense naturelle du corps face aux différents virus et bactéries. Entre les deux se trouvent les indécis, c’est-à-dire des personnes qui n’ont pas de point de vue précis, mais qui sont à la recherche d’informations pour avoir un jugement sur la vaccination.

De plus, l’affrontement entre les antivaxs et les provaxs s’est réveillé de façon assez brutale lorsqu’Agnès Buzyn alors ministre de la Santé a décidé de rendre obligatoire la vaccination en une seule fois des onze vaccins. Certains y ont vu un intérêt des lobbies dans le cadre d’une chasse au profit des multinationales pharmaceutiques alors que dans les faits, les vaccins ne représentent qu’une infime partie de leur chiffre d’affaires. Autant dire que pour les laboratoires, une personne tombant malade rapporte plus que la prévention vaccinale.

Lors de l’allocution d’Emmanuel Macron du 24 novembre 2020 a affirmé qu’il ne rendrait pas ce vaccin obligatoire. Dès lors la campagne de vaccination se baserait sur les volontaires. Il s’agit d’une certaine manière de procéder aux différentes libertés individuelles, mais aussi de rendre les personnes responsables face aux différents enjeux socio-économiques que la crise sanitaire a généré. Cette forme assez classique du libéralisme philosophique.

Dans le même temps, la campagne de vaccination progresse dans les pays du Nord, malgré un mouvement d’opposition très important concernant la vaccination. Les partisans de la Science mettent en avant des arguments solides, mais les obscurantistes se basent sur une forme de croyance tel un fervent religieux. Le mouvement contre la vaccination touche également toutes les strates de la société et l’ensemble de l’échiquier politique. L’hésitation conduit inévitablement à une forme de colère pour ceux qui veulent retrouver le “mode de vie” à la Française. En effet, la politique vaccinale française est le fruit de la réapparition de maladie que l’on pensait en avoir mis un terme comme la rougeole. De plus, sous le mouvement antivaccin se cache une ribambelle de groupuscules sectaires.

Dans le cadre de la politique vaccinale qui ne devrait pas tarder à démarrer dans l’Hexagone, elle devra également jouer la carte de la transparence absolue afin de ne pas donner du grain à moudre pour cette bande d’incultes. Ainsi, il en va d’une certaine manière d’atteindre une couverture maximale afin que la population ne pouvant se faire vacciner ou chez ceux ne répondant pas au vaccin puisse être protégées. Il s’agit d’un devoir pour les concitoyens de se rendre dans les centres de vaccination afin de participer à l’effort de guerre sanitaire pour en finir une bonne fois pour toute. Le vaccin reste un espoir pour ne pas resubir une fois de plus le confinement et qu’on soit en mesure d’accepter que l’année 2020 et une partie de l’année 2021 ne serait finalement qu’une mauvaise expérience.

Toutefois, si l’avenir nous génère des lendemains qui chantent, une partie du personnel soignant doute de l’efficacité des vaccins. Je trouve cela profondément malheureux notamment dans le cadre de l’emploi pour lequel j’ai été formé. Ces personnes sont particulièrement dangereuses puisqu’elles font partie de ceux qui peuvent contaminer les soignants, mais aussi les patients, dont certains sont successibles de développer le plus facilement les symptômes du Coronavirus. Il ne va pas sans dire qu’il faudra occuper la bataille sur la vaccination au nom de la Raison et de la Science.

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Blogueur & Journaliste indépendant

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