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L’économie pourra-t-elle encaisser un nouveau confinement ?

© AFP

Les différentes variantes du Coronavirus semblent soulever la nouvelle problématique que je mettais en avant ces derniers temps. La vision d’un nouveau confinement est à l’étude par le gouvernement. L’économie, sera-t-elle se relever de ce nouveau coup de massue ?

Nous vivons dans une époque où l’avenir apparaît de plus en plus obscure. L’économie, moteur de notre train de vie, subit depuis plus d’une année les aléas et les différentes conséquences de la crise sanitaire. La question d’un nouveau confinement est mise de nouveau en avant comme méthodologie pour endiguer la propagation du virus au sein du territoire.

Au moment où d’autres pays ont lancé le programme de vaccination de masse, la France se retrouve en dernière position témoignant d’une gestion amatrice de la crise sanitaire. Le fait de refaire redémarrer l’économie rapidement entre dans le champ de vision de tous les citoyens afin de retrouver vie une ressemblant le plus possible à celle qu’ils avaient avant la crise sanitaire.

Pourtant, rien n’y fait : la France n’est pas préparée à une nouvelle vague de la pandémie. Il faut dire que nous avons atteint le plateau, mais celui-ci se retrouve particulièrement très élevé par rapport à ce qui était attendu. De telle sorte qu’une interrogation majeure réside dans le fait de savoir dans quelle mesure, l’impacte économique affectera la vie quotidienne, mais aussi les différentes questions macroéconomiques. Les plans de relance ne pourront se succéder les uns après les autres au risque de faire gonfler une dette devenant progressivement de plus en plus critique sur le fait qu’elle va devoir aboutir d’une manière ou d’une autre à un “défaut de paiement”. La banqueroute se profile doucement au fil que les vagues se succèdent.

L’endettement public n’est plus soutenable passé à partir du moment où le budget pour rembourser la dette gonfle de façon intensive. Or, la machine néo-keynésienne ou keynésienne croit dans le pouvoir de la relance économique par la question de l’endettement public. C’est une approche pour permettre de générer des investissements sur l’économie et de rompre avec la politique du “laisser faire” si chère aux libéraux de toutes obédiences. La structuration du capitalisme passe par des réformes fiscales et structurelles en profondeur. Le keynésianisme n’est qu’une bouée de sauvetage pour un individu qui est en train de se noyer. Toutefois, il arrive à un moment donné où le système keynésien n’est plus en mesure d’assurer le sauvetage régulier du capitalisme. Les néolibéraux ne sont que des kamikazes, mais n’assument pas leur volonté

Il y a le feu dans la “maison France” et personne n’arrive à l’éteindre. Le carnet de chèque coule à flots pour distribuer des aides en tout genre, mais cela ne sera pas suffisant pour relever une économie proche du désastre.

À travers la volonté de ne pas moduler les différents impôts, il existera dès lors une inflation au niveau de la dette publique. Ce plan de relance a été préparé pour les deux premières vagues successives du tsunami, mais elle n’est pas adaptée face à toutes les vagues que le Tsunami comporte. Chaque déferlement sur notre économie fragilise un peu plus le lien économique et social, mais aussi met le pays devant le fait accomplir : des entreprises mettront la clef sous la porte faute d’un carnet de commande. L’intervention sans cesse de l’État dans l’économie sans une relance réelle du pouvoir d’achat à travers la hausse des salaires ne serait que des rustines sur un pneu crevé alors qu’il faut changer entièrement le pneu au vu de sa situation critique.

Dans le même temps, la question de la circulation monétaire devient problématique au risque de créer une spirale aboutissant à la déflation. En période de crise, la courbe de Phillips apparaît comme une porte de sortie pour comprendre le mécanisme dans lequel nous sommes englués. Les agents économiques face à une baisse programmée des différents produits. Or, nous le savons très bien que la déflation est dévastatrice sur la question de la création des emplois. En effet, l’attente que les produits baissent génère une diminution de la masse monétaire en circulation et cela ne peut que créer que de la déflation.

Peut-être que ce n’est pas très orthodoxe, mais la question d’une politique d’une banque centrale soutenant l’économie à travers une hausse de la masse monétaire en circulation pourrait permettre de sortir du pétrin dans lequel nous allons. Nous sommes dans un train qui entre dans un tunnel, mais nous ne savons pas forcément quand et comment nous allons en sortir. Il semble nécessaire de démocratiser la banque centrale européenne afin que celle-ci puisse avoir un mandat prônant une politique agressive vis-à-vis des marchés financiers et prennent a contrario un autre chemin pour inonder l’ensemble des économies et que nous revenions dans ce cas extrême : la banque centrale permet au pays d’emprunter directement sans passer par les marchés financiers. De telle sorte que le “défaut de paiement” sur sa propre banque centrale n’entraînerait pas vraiment de dégâts sur le plan économique. Aujourd’hui, cela paraît totalement chimérique, mais on peut dire que nous allons des “lendemains qui déchantent” foncièrement.

La politique du “laisser faire” a assez duré puisqu’elle pousse les pays dans des abîmes et les empêche de se relever en les achevant par le poids de la dette. Dans le cadre de la politique de l’offrande, il semble nécessaire de nous questionner sur l’avenir tel que nous voudrions le construire. Pour le moment, nous fonçons tout droit vers le mur. Rien ne semble pouvoir arrêter la machine infernale dans laquelle nous sommes.

Blogueur & Journaliste indépendant | Militant Communiste

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